"Humour noir - Peintures 2011 / 2013" par Olivier Breuil
du 25/04/2013 au 23/06/2013
“Tout a été dit cent fois
Et beaucoup mieux que par moi
Aussi quand j’écris des vers
C’est que ça m’amuse
C’est que ça m’amuse
C’est que ça m’amuse et je vous chie au nez” (Boris Vian)
Et le peintre aussi se demande ce qu’il pourrait dire, et de quelle manière. Sa manière est dans le choix des éléments qui constituent le tableau : ses dimensions, l’épaisseur du chassis, le type de toile, la façon de la préparer, les pinceaux utilisés, les couleurs, la qualité de la peinture, sa transparence, sa brillance… et surtout par la manière dont la peinture est appliquée. Toutes ces décisions faites avant et pendant le travail du tableau disent la peinture différement et révèlent l’esprit de celui qui l’a peint. Tout a été dit cent fois, et la peinture permet de continuer à le dire à l’infini.
"Guillaume Moschini" par Guillaume Moschini
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 28/02/2013 au 21/04/2013
Guillaume Moschini est peintre, il vit et travaille à Paris né à Nîmes en 1970, il a étudié à l’école des BEAUX-ARTS de Nîmes et a bénéficié de l’enseignement de Claude Viallat, Patrick Saytour.
Procédé :
Le tableau, support de la couleur accumule successivement des superpositions de couches d’encre, la toile de coton brut tendue l‘absorbe, le geste accompagne un pinceau large qui marque un passage, quelques aller retour, une empreinte, une forme répétitive en prétexte celle-ci me permet d’exploiter la couleur, la profondeur, la légèreté.
Le sens du tableau n’est pas définitif, il se réfléchi pendant l’accrochage, il engage des questions, un point de vu, une décision.
Guillaume Moschini
tel: 06 83 59 77 39
http://guillaumemoschini.blogspot.com
"Saadi Souami" par Saadi Souami
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 10/01/2013 au 24/02/2013
Les peintures de Saadi Souami sont aux antipodes de nombreuses images abstraites très ostentatoires produites par une génération d’artistes qui revisitent l’expérience abstraite en la tirant vers le signe ou l’image pop, avec les couleurs clinquantes de l’univers de la communication. Au contraire il revendique une intériorité, une densité de la couleur qui nous absorbe comme si sa géométrie douce mettait en place avec une grâce discrète un lieu pour éprouver les possibles de la couleur quand le trait lui donne un rythme qui monte progressivement dans le champ qu’il configure. Comme un jardin privé où la couleur se pose par lignes successives pour sertir un monochrome presque évanescent dans sa retenue mais conforté par les bornes colorées qui l’irriguent. Un art de la couleur qui offre au regard un air de méditation. Des pensées chromatiques qui dans leur humilité ont pour ambition de nous arracher à cette vision compulsive qui ravage notre regard, afin de nous obliger à le poser.
philippe cyroulnik paris novembre 2012
"Open Data" par Soizic Stokvis
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 25/10/2012 au 05/01/2013
Le phénomène des mégapoles m’intéresse particulièrement. Leurs topographies, comme « des open data » se transforment en effet continuellement. Le « village planétaire » se dessine, fondé sur de nouveaux équilibres, qui semblent cependant précaires.
Comme peintre, une partie de mon travail consiste en des interventions monumentales abstraites à même les murs, parfois augmentés d’extensions à l’adhésif. Lors de leur mise en place je tiens particulièrement compte de l’appréhension même des lieux. Ces espaces, devenus le support de mes peintures géométriques, se révèlent dès lors autrement; le ressenti qu’en perçoit le regardeur en est modifié. Il s’établit une transformation architecturale, à l’instar des bouleversements urbanistiques.
A l’hôtel Elysées Mermoz c’est à partir d’un dessin imprimé sur toile que je réaliserai une installation murale. Celle-ci rappelle les débordements d’un monde autrefois circonscrit.
En complément, des oeuvres sur altuglas, matière synthétique typiquement urbaine, seront réparties dans l’espace du hall. Mon vocabulaire graphique reste abstrait. Il est volontairement issu de l’outil informatique et de sa spécificité. Les univers qui se révèlent se répondent, semblables et différents, comme les villes. La forme ronde des supports se réfère aux représentations statistiques actuelles. Les « open data », se transforment en de nouvelles approches.
"Koyo Hara" par Koyo Hara
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 11/09/2012 au 21/10/2012
Mon travail réactive de manière ludique un genre actuellement « refoulé », la peinture abstraite gestuelle.
Le choix de peindre en camaïeu, à partir d’une couleur pure mélangée à du blanc, me permet d’évacuer le problème de l’affect lié à une composition colorée. Il crée ainsi une mise à distance avec une pratique corporelle et pulsionnelle.
Les couleurs primaires ou complémentaires, dénuées d’élégance, ne sont choisies que pour leur impact visuel. Contrainte constructive, la couleur de base conditionne le format aussi bien que le style.
Dans un premier temps, la stridence du camaïeu confère au tableau une présence d’objet. Dans un deuxième temps, la planéité donne l’impression d’une image de peinture. Alors seulement, il est possible de faire l’expérience de la profondeur et de la lumière.
Mes tableaux sont des espaces mentaux où la tentation décorative est sans cesse neutralisée par une volonté d’indifférence, dans un jeu de construction et de déconstruction d’une mémoire picturale.
Une sélection d’oeuvres récentes et inédites sera montrée à l’occasion de cette exposition.
"Erosions" par Margaret Dearing
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 24/05/2012 au 31/08/2012
Erosions propose au spectateur un choix de photographies, extraites de différents ensembles, mises en relation dans l’espace d’exposition.
Celles-ci donnent à voir des instants suspendus : intervalles qui suggèrent l’avant ou l’après d’un évènement important et dramatique, non-dit et non expliqué, sans doute déterminant pour les personnages qu’on croise dans les images. Pris dans leurs pensées, ils mettent à distance leur environnement, comme avant de faire un choix et d’agir. Les architectures qui pourraient constituer des lieux de vie restent elles aussi en attente.
Les remous d’un fleuve, l’érosion des montagnes ou d’un rocher solitaire nous renvoient aux infimes mouvements qui façonnent les paysages, dans une durée autre que l’intervalle dans laquelle se trouvent les personnages. Un paysage minéral, envahi par la brume, propose un contrepoint, suggérant un possible exode.
Les éléments visibles dans les photographies deviennent les indices d’une fiction en creux. Comme extraites d’un film imaginaire, les photographies proposent au spectateur une énigme à partir du hors champ des images.
"Une pause a l'hotel" par Soo Kyoung Lee
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 29/03/2012 au 13/05/2012
Soo Kyoung LEE cherche, dans la finitude du tableau et dans la mise en tension des formes, à multiplier les entrées et les possibilités d’approche. Elle fait du tableau un monde de monades fabriquant une atmosphère – quelque chose qui s’en dégage et enveloppe, qui touche tout en conservant son mystère. Une partition picturale aux interprétations infinies. Car la peinture ne raconte pas. Ne se décode pas. Ne représente pas. Elle est un secret palimpseste. Qui s’affirme et se dérobe à la fois. Une fois construit, le tableau s’extériorise, il devient une entité. Mais il est aussi le témoignage d’une humanité à l’œuvre et signifie l’enjeu des interrelations complexes dans l’acte de peindre entre le corps, l’espace et le temps. Il concrétise cet enjeu. Le circonscrit. Construction du tableau et construction de soi s’élaborent ensemble, dans l’adversité. Le réel de la peinture construit l’ici et le maintenant de l’existence. Se construit dans l’ici et le maintenant. Le tableau n’est donc pas la représentation d’une autre existence – idéale ou rêvée –, ni le symbole d’un ailleurs. L’altérité est toute proche.
"Comment la parole vient aux peintures " par Olivier Gourvil
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 16/02/2012 au 26/03/2012
Comment les peintures se mettent à parler, à faire parler ? Quelle parole le spectateur leur adresse et vient chercher en elles ?
Ce titre est donc une invitation faite au spectateur. À regarder. À parler. Même si aucun commentaire ne doit venir à bout d'une peinture.
Des tableaux récents ainsi que des dessins, sont exposés pour la première fois à l'Hôtel Elysées Mermoz.
Olivier Gourvil
L’anthropomorphisme de Gourvil filtre à travers un immense répertoire de structures-signes, dont certaines dérivent de signes urbains ou corporels comme on en voit dans la bande-dessinée ou les arts graphiques. Certaines formes dans ses tableaux rappellent des plans d’architecture, des modules de design préfabriqués, les galbes de certains graffitis ou encore des éléments de la peinture moderne, qu’il entrelace généralement avec d’énergiques lignes de démarcation de volumes schématiques et de joyeuses protubérances et volutes organiques. L’accent mis sur la spatialité du dessin et la netteté de la ligne aboutit à une présentation quasi-iconique de la forme : événements condensés au centre, forme concentrée, connotations anthropomorphiques. Si l’on associe d’ordinaire l’icône à l’idée de ressemblance (dans le contexte usuel, c’est la copie d’un original divin, offrant un lien concret à cet original, faisant donc suite à un transfert de présence), dans la peinture de Gourvil cette donnée implicite se trouve renversée. À travers les processus du dessin (qui devient peinture), l’artiste veut révéler des formes et des connotations fécondes qui ne se fondent pas sur un modèle original sous-jacent. La forme iconique dans ce contexte renferme sans doute diverses allusions, mais elle en revient à sa propre matérialité, sa propre clarté d’image gardée à l’esprit.
David Ryan, « Presque mais pas tout à fait » , 2009, ed. Analogues
L’animation, la vidéo, le dessin au stylo bic, au feutre, l’aquarelle, la gouache, l’acrylique, le pastel sec, tels sont les médiums que j’utilise et qui se mélangent pour donner forme à des dessins, à des visions intimistes du monde ou encore à des œuvres hybrides qui sans cesse nous ramènent à l’existence dans ce qu’elle a de plus pure et de tourmentée à la fois. Ici, les hommes sont recouverts de pétales de fleurs et semblent porter un fardeau, là deux mains s’entrelacent… Ailleurs, la belle Pandore ouvre la fameuse boite d’où s’échappent des maux colorés et tourbillonnants …Quelle couleur a donc l’espérance, cachée au fin fond de la boite ? Le végétal quant à lui envahit, déborde, s’étale et s’accumule jusqu’à parfois sortir du cadre… et les pétales deviennent presque constituantes des corps qui sont coupés, voilés et marchent à l’envers….
« Dans le dôme d’un vide intérieur agrandi, il y a une extrême accélération, une accélération en flèche des passages d’images, des passages d’idées, des passages d’envies, des passages d’impulsions. On est haché de ces passages. On est entrainé par ces passages, on est malheureux et las de ces passages. On est saoul et somnolent parfois de ces passages. On est plus souvent griffé, agité par ces passages. Agité, agité, agité. »
Henri Michaux « L’infini turbulent »
"En long, en large, en travers... et surtout en travers" par Elodie Boutry
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 18/10/2011 au 01/01/2012
Avec Elodie Boutry le parcours d’une pièce devient mural. Elle prend possession de la verticalité et l’investit sans la remplir, modifiant nos repaires en jouant de la couleur. Les notions d’intérieurs, extérieurs perdent leur immanence pour devenir espaces éphémères, voire se retrouver déposséder de leur identité. Seule les entrecroisements de lignes aux perspectives fuyantes et les cercles colorés se croisent et s’imposent pour modifier notre rapport à l’espace. Parfois l’artiste prend possession du vide des pièces en y ajoutant des constructions de volumes. Elodie Boutry « dérobe », investis des lieux pour les réveiller, les bousculer, les sortir de leur torpeur et le spectateur l’accompagne dans ses déambulations géométriques , ses espaces de jeux et ces troubles visuels.
Sabrina Prez
"Si j'avais un inconscient je le saurais" par Jerome Boutterin
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 13/09/2011 au 14/10/2011
"Le peintre Jérôme Boutterin se méfie de la peinture et pourtant il ne veut en aucun cas y renoncer. Il cite l'abstraction héroïque, le geste direct spontané, le pouvoir de l'All-over sans limite et présente pourtant le tout comme réfraction, simulation, comme la recherche de sens d'une peinture autonome entre l'abstraction et la réalité retrouvée.L'intelligence avec laquelle il dissèque les fondements de ses tableaux réfrène avec peine la violence contenue de sa peinture.Au bout d'une recherche menée pendant des générations et des décennies sur les possibilités du tableau abstrait, plus rien n'est nouveau ou rien ne va plus de soi. A moins que, comme dans le cas de Jérôme Boutterin, les parties ne se retrouvent, assemblées avec une légèreté souveraine, pour ainsi dire accidentelle, formant un nouvel ensemble surprenant."
"Si les "monochromes" se servent exclusivement d'une seule couleur sans mélange, ce qu'ils représentent, toutefois, est tout sauf une surface uniforme monochrome. La composition apparemment intacte se révèle être un lacis de plusieurs couches d'abréviations fragmentaires, un horror vacui de la peinture, une réserve inépuisable de possibles, dans lequel le geste se perd dans l'All-over. Dans un processus calculé, qui s'enivre en même temps de lui-même, les gestes sont placés l'un après l'autre.L'expérimentation, apparemment sans orientation précise, des touches de pinceaux – variables selon l'application et le maniement – devenant rocailles, lignes, surfaces et hachures, se transforme en un agencement joyeux et fabuleusement dynamique des couleurs supposées pures et de leurs souillures.
La couleur révèle toute sa sensualité contrainte. Elle décline avec assurance tout l'éventail de ses possibilités, de la densité la plus forte à la transparence éthérée."
Dr. Martin Engler, responsable de la section "l'art après1945" au Städel Museum de Frankfort / Main.
Extraits du texte "l'insupportable légèreté de la peinture de Jérôme Boutterin".
Catalogue "aus der la main", Galerie Andrieu, 2009.
"Encore heureux" par Samuel Buckman
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 21/06/2011 au 08/09/2011
Samuel Buckman manipule depuis une dizaine d’années tous types de médiums, expérimente les lieux et les espaces. Encore et toujours. Preuve en est cette nouvelle exposition, proposée dans un hôtel. Dès l’entrée, deux photographies intitulées Solitude suggèrent la capacité d’attention, la mobilité d’un regard sans filtre, maintenu entrouvert. Ouvert à quoi ? À l’énigme. Celle des lieux, des choses, des personnes. Qui est cet homme, masqué d’un visage autre que le sien, souriant et tirant la langue ? Comédie de l’identité, celle de l’artiste lui-même composant ce Self-Portrait in Berlin à partir d’un masque récupéré lors de la manifestation du 1er mai dans la capitale allemande. Encore, ici. Langue tirée, le masque pointe l’évidence d’une présence, d’un ici et maintenant. Qu’est-ce qui se donne à voir ici ? Pas grand chose et beaucoup en même temps. Des petits riens qui disent le bonheur de se laisser traverser par le monde, dans la mobilité d’une vision et l’acuité d’un langage. L’art comme une double ouverture, du regard et du sens. Encore heureux.
"Mise en jeu" par Caroline Culand
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 03/05/2011 au 14/06/2011
Travail ludique qui s’arrête au moment juste où tout est mis en jeu.
Toutes les astuces sont possibles ; emboîtements, multiplications, superpositions, transparences, indiquer un creux ou un relief…
L’analogie formelle, la lointaine ressemblance, la mémoire du réel : Tous ces mots font écho à mon travail.
Dans l’analogie, il y a l’action assimilatrice, qui fait que certaines formes changent sous l’influence d’autres formes auxquelles elles sont associées.
Quant à la mémoire, elle est sélective, retient, ou bien oublie ; je garde la forme ou le geste qui me reste en mémoire, celui qui persiste.
Façon de me rapprocher d’une certaine idée de la sincérité.
"La collection de l'hotel" par Caroline Delmotte, Eric Cloutier, Jean-marc Thommen, Frederic Prat, Olivier Breuil...
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 01/12/2010 au 02/05/2011
Entre les différentes expositions organisées dans la galerie de l'hôtel nous présentons un accrochage de notre collection constituée d'oeuvres acquises auprès des artistes précédement exposés.
"Olivier Filippi - Dessins et peintures" par Olivier Filippi
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 07/10/2010 au 30/11/2010
« On peut dire que les séries de dessins procèdent à l’inverse des tableaux. Le format en est toujours très réduit (A4 ou proche du A4, plus rarement A3) et il ne s’agit pas ici de s’attarder à considérer très longtemps la même forme.
Il s’agit d’improvisations. Cela se fait rapidement et dans un certain aveuglement.
Les données de départ conditionnent en partie l’aspect final de la série :
Il y a le choix du papier, le choix des couleurs et des types de marqueurs, le nombre de couleurs et le nombre de fois où une couleur sera utilisée et selon quel type de tracé… Tout cela entre en résonance avec une sorte de jeu de redistribution des surfaces.
En général, je dispose une ou plusieurs dizaines de feuilles sur la table (il vaut mieux qu’elle soit grande) dans le désordre, ou en suivant un plan plus ou moins pré-établi.
Ensuite je dessine sur cet ensemble de feuilles. Les tracés passent donc d’une feuille à l’autre, et je ne m’attarde que très rarement à considérer ce qui se passe sur une feuille en particulier. Puis je change (le plus souvent mais pas toujours) la disposition des feuilles, je trace de nouveau et ainsi de suite… Cela peut durer assez longtemps. Au fur et à mesure, je retire des feuilles du tas.
Quand il n’y a plus rien sur la table, je me retrouve avec une série de dessins. »
"Qu'est-ce que c'est?" par Jean-Marc THOMMEN
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 08/04/2010 au 30/06/2010
EXPOSITION PROLONGEE TOUT LE MOIS DE JUIN
Vernissage le jeudi 8 avril à 18h30
"Depuis plusieurs mois, rares sont les journées passées à l’atelier sans qu’elles ne s’achèvent par un ou plusieurs dessins. Leurs temps d’élaborations sont inégaux : le premier tracé, la place accordée à la couleur, l’imprévu, établissent peu à peu leur propre aboutissement. Certains semblent immédiats, d’autres foisonnent ; pour l’Hôtel Elysées Mermoz, j’en ai sélectionné quelques-uns qui n’ont pas vocation à décorer mais à interroger le regard. La ligne qui traditionnellement cerne une forme reconnaissable se trouve ici déplacée à l’endroit d’une surface « néante » libérée de toute représentation.
C’est à portée de la main et c’est ainsi que je m’en saisis."
"TRAVELLING ROBOTS" par Eric
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 21/11/2009 au 31/01/2010
L’Hôtel Elysées Mermoz situé en bas des Champs-Élysées, est à la fois un boutique hotel et une galerie. À l’initiative de son directeur Olivier Breuil, lui-même artiste, l’hôtel dévoile des œuvres contemporaines où photographie, peinture et design se mêlent. Jusqu’au 31 janvier 2010, l’hôtel accueille Eric Cloutier et sa série de robots voyageurs, les « Traveling Robots ».
Né à Montréal, résident à New York, La Haye et maintenant Paris, Eric Cloutier est le modèle parfait du nomade urbain dont le voyage est le moteur essentiel de son existence. Menant de front sa vie d’artiste et sa carrière dans la finance, il aime comprendre une ville lorsqu’il s’y installe. Pour lui, chaque ville a sa propre énergie et sa personnalité. Ce sont ses souvenirs de voyage qu’il place au centre de ses tableaux, savant mélange de photographie, graphisme et dessin. Modernes, ses œuvres sont habitées de robots, un clin d’œil à son enfance, lorsqu’il collectionnait les robots anciens.
« Traveling Robots est le fruit d’une interprétation personnelle de différents lieux où j’ai vécu ou voyagé. Ces endroits sont les protagonistes de mes tableaux. Des robots, curieux et pleins d’humour, expriment à ma place mes perceptions et mes souvenirs », précise l’artiste. On remarque ainsi que le tableau évoquant Londres reprend la pochette de l’album « Abbey Road » des Beatles. Inspiré par l’Art japonais futuriste et par la représentation d’univers surréalistes d’artistes tels que David LaChapelle et Matthew Barney, ses œuvres sont résolument contemporaines et high-tech, comme le prouve la toile représentant Montréal où un iPod géant promenant un chien-robot en laisse, évoque la scène musicale estivale de la ville.
"Etoiles noires" par Caroline DELMOTTE
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 25/09/2009 au 12/11/2009
"La série "Étoiles noires" est née d'une demande d'Olivier Breuil, de l'hôtel Élysées-Mermoz, qui l'accueille aujourd'hui. Il s'agissait de trouver trois images pour une des salles de l'hôtel.
Ce fut l'occasion pour moi d'une plongée au coeur de mes archives d'où je remontais, outre les trois images en question, tout un ensemble de photos qui m'ont servi à construire cette série.
Elle s'est donc constituée en plusieurs strates, certaines assez anciennes et d'autres tout à fait récentes.
Différents lieux, différents moments cohabitent, comme dans notre mémoire, et s'assemblent pour ne plus faire qu'une seule image, qu'un seul instant.
Chaque instant en voisine un autre, et tous sont traversés par une silhouette, des étoiles noires qui les relient et tissent un ensemble plus large, une histoire, une suite; une poursuite.
Qui poursuit qui? Quoi?
Questions parmi d'autres, sans doute...
À chacun de se les approprier librement.
Je souhaite que mes images proposent un peu de cette liberté."
"Soo-Kyoung LEE" par Soo-Kyoung LEE
à l'Hôtel Élysées-Mermoz, du 01/07/2009 au 24/09/2009
"L'abstraction pour moi est le lieu universel, dénudé d’image, de représentation, et sans la moindre interprétation. C'est une manifestation de la pensée libérée de tout carcan culturel, social ou identitaire.
Mon souci est de montrer l’étonnement du regard qui soulève notre questionnement sur la liberté.
Chacun de mes travaux propose, par des structures singulières du plan, différentes humeurs qui sont pour moi des épreuves de chaque instant intense et présent de l’être pensant.
Je souhaite partager ce travail avec le regard du monde désireux de découvrir l’inattendu; ce regard est le reflet des êtres libres que nous sommes."